La photographie est un accident, souvent. Et le mois passé sur les routes du Tour de France  en a été un bel exemple.

L’idée de départ était de photographier le Tour avec un appareil argentique et des pellicules Kodachrome  récupérées dans des vide-greniers (années 1975 et 1982!) afin de lui donner un côté atemporel, vintage. Sauf que… La veille de mon départ, le labo qui s’occupe habituellement de mes pellicules m’apprend que les mythiques Kodachrome ne sont plus « développables ». Le dernier labo au monde (au monde!), à Parsons (Etats-Unis), a fermé il y a douze ans.

Plan B : emprunter l’Instax Square de ma fille Lilou et en route ! Le résultat technique est imparfait mais l’exercice a été l’occasion de belles rencontres et de quelques réponses. Le public, estival, joyeux, enfantin même, cherche l’échange, le provoque et à la vue d’un appareil photo diffèrent ou un peu vieux pose la même question : « il fonctionne ? Il prend des photos ? ». Ce qui introduit une réponse assez facile : « oui, vous voulez qu’on essaye ? ». La discussion dure une minute, souvent dix, parfois on prend un café et quand on tend une des deux photos prises (il faut tout doubler), la même réaction, comme une surprise : « C’est vraiment pour moi ? ».